Magazine Littéraire et Revue Littéraire Déjà Tous Mort ?

Literary Magazine ON avril 27, 2019

Il est bon de se demander si le magazine littéraire ou la revue littéraire tel qu’on la connait se trouve déjà deux pieds sous terre bien profonds dans sa tombe. À l’heure où la technologie et les écrans nous grignotent petit à petit le cerveau, la question pèse de tout son poids. D’autant plus quand on s’intéresse au marasme littéraire de ces dernières années.

I

Vers une banqueroute littéraire ?

Si la question peut d’emblée dérouter le néophyte elle ne choquera sans doute pas plus le zélote de la prose standard et libre, car c’est de ça au fond qu’il est question. Le magazine littéraire dans sa force la plus brute est avant tout une porte ouverte sur les nouveaux styles, les nouveaux auteurs. En accordant aujourd’hui une place prépondérante aux écrivants (sic) les plus connus, la première balle est tirée droit dans les poumons de la revue littéraire. Et ça fait mal.

Car il est essentiel de rappeler que si un tel marasme littéraire existe, c’est avant tout le fait acquis d’une poignée de personnes désirant à tout prix préserver la langue et ses attributs. Et derrière la bonne vieille redondante écriture – type journalistique (journaleuse ?) – qu’on capte partout, à tout coin de rue, tout coin de website à la noix pas écrits.

C’est la le premier scandale du monde d’aujourd’hui, non pas que la littérature se perd mais que le formidable outil qu’est le magazine littéraire se casse lamentablement la figure entre de sales mains ne remettant jamais en doute la littérature classique et ses attributs démodés.

Il ne faut pas non plus oublier et c’est ici le cœur que bon d’auteurs ont fait leur gamme dans des piges du genre première revue, ou premier numéro d’un magazine littéraire inconnu. La revue était à une époque l’antichambre de la maison d’édition quand aujourd’hui elle est devenue une ode malsaine visant à promouvoir la littérature d’auteurs autoédités, la laide écriture, et tous ces protagonistes.

Mais c’est au fond un point parmi tant d’autres, car si le magazine littéraire ainsi que la revue, semble tout droit se diriger vers la sortie c’est avant tout et surtout, à cause d’une uniformisation générale de la pensée et des gens. Quand bien même la période est l’exposition et l’acceptation totale de soi, se dresse bien maigrement le portrait d’une génération d’auteurs écrivant tous pareils, n’ayant que pour seul but de vendre, d’être édités ou reconnus. Et tant pis pour le style, tant pis pour moi et l’ego. Car si l’important dans ce monde est de survivre, dans le milieu littéraire la survie se joue à ça : un semblant de prose maîtrisée, une pseudo bonne-écriture sous des airs de bienséance pour bourgeois pompeux.

Il est là le vrai problème de la littérature et par la même équation du média littéraire : il n’est pas compatible avec l’époque.

Une période résolument trop puritaine

Et pourtant… si au départ les prévisions étaient optimistes, tout s’est tragiquement brisé et esquinté la mâchoire dans une chute mémorable sur le sol des échecs littéraires. Fini le temps des écrivains libres, qui veut publier Lolita, qui veut publier Journal d’un Vieux Dégueulasse, qui veut publier Voyage au Bout de la Nuit, se voit immédiatement placer sur le bûcher des réseaux sociaux. La chasse aux sorcières est ouverte, 2019 et des poussières, l’histoire d’une autocensure.

Au cours de l’embuscade que le temps m’avait tendu, cette idée d’être un champion, fidèle monture sur laquelle je cavalais, avait pris une balle perdue.
Hunter S. Thompson

Car si certain se cache sous une pseudo-écriture-classique d’autres en revanche n’hésitent pas à l’affirmer, que cette littérature-là et cette époque par la même occasion, les oblige à se cacher sous de fausses postures pour éviter un scandale à l’échelle nationale – ou mondiale – pour 3 lignes (pourtant ratées) dans un édito français, américain ou allemand. Les réseaux sociaux sont l’ennemi numéro un de l’auteur libre. Impossible pour lui d’être confronté à son public, ses détracteurs, ceux-là mêmes qui n’hésiteraient pas à la moindre occasion de se saisir d’une ligne, d’un 140, pour transpercer d’un coup d’un seul la carrière débutante et balbutiante de ce Chinaski à en devenir. Alors comment survivre dans un contexte pareil ?

En se faisant l’ami des puissants, simplement. En n’allant pas aussi loin que notre plume le voudrait, la plus horrible des censures en somme. Mais alors comment une revue littéraire peut-elle exister dans un contexte où on l’oblige à être à la fois puritaine et concurrente de médias largement plus puissants ?

Quitte à en décevoir certains il n’y a pas de vraie réponse, le magazine littéraire d’abord piétiné par les jeux vidéos, les réseaux sociaux, et ensuite la littérature elle-même se voit contraint de devenir – en plus – un repaire de chiens errants polis et bien éduqués. Quand c’est pour le contraire qu’il a été bâti.

Pour dégommer de la prose et la littérature

Elle est dans les lignes d’Ulysses la réponse, oh non pas celui d’Homère, mais celui de James. La revue littéraire est là, bien vivante, et seulement là pour envoyer valser la prose, et surtout ses affabulateurs. Elle se place non seulement comme un monde d’écriture à part, mais aussi comme un espace de liberté total, donnant à son auteur et ses rédacteurs une possibilité grandiose de défendre les libertés quelles qu’elles soient et ce dans le style qui est le leur.

Et c’est sans doute un des dommages collatéraux de l’internet d’aujourd’hui. Trouver à manger pour les avides petits fossoyeurs de polémiques n’a jamais été aussi facile qu’à l’heure des forums, de l’internet et du Facebook. Elle est là la deuxième balle tirée, plein foie, faisant exploser son lot de vésicule et de bile et rendant le corps déjà à moitié obsolète.

À une époque pas si lointaine pourtant trouver de la bonne lecture bien déviante, bien polémique et bien littéraire ne pouvait se faire qu’à travers des éditos, des magazines littéraires, des revues littéraires, prônant tels ou tels styles complexes ou non. Mais à présent… à présent qui veut dénicher son petit lot de polémiques de prose bien crade n’a qu’à visiter un x forum ou il sera servi en new littérature, et tout ça pour pas cher, gratuitement et en deux clics.

Voilà le tragique destin de qui s’attaque aux médias littéraires : se retrouver concurrencé par des posts Facebook. Ils ont cet avantage assez sublime de surpasser en tout point en matière de réalité, n’importe quel texte de revue littéraire qui soit. Car c’est le voisin d’à côté qui l’écrit, le boulanger du coin, la nana célibataire d’en face, c’est de ça qu’il question – faire face à une concurrence déloyale des gens lambdas. Mais alors, est-ce déjà foutu ? Tout est-il déjà préacté ? L’espoir a-t-il fui pour de bon ?

 

II

La tragique question d’un renouveau de la scène littéraire

Littérature magazine littéraire revue
Si tout doit recommencer alors il faut sans nul doute que certains auteurs fassent leurs apparitions, non seulement à travers un style nouveau reflétant plus ou moins les atouts et les défauts d’une langue en pleine mutation, mais aussi à travers un format nouveau, un format plus adapté à l’époque. Car s’il y a 50 ans de ça, l’auteur, le nouvel auteur avait le loisir de pouvoir en faire comme bon lui chantait, l’époque actuelle démontre que s’en est fini de ce temps.

On aimerait à savoir si c’est la littérature qui corrompt les mœurs ou les mœurs au contraire qui corrompent la littérature.
Alfred Capus

À présent l’auteur doit trouver des moyens de communication adaptés pour propulser ses vers ou sa prose directement chez le lecteur. Et c’est la que le bât blesse, dans un cosme comme le notre, la revue littéraire et son petit copain de magazine semblent déjà relégués au second plan. Non seulement soucieux de l’écologie le lecteur doit désormais assouvir son besoin dans d’autres formats, d’autres méthodes bien loin de celles utilisées pour propulser une revue, un magazine ou tout autre média quel qu’il soit.

À une époque où l’on parle de caractères animés, d’écrans tactiles pliables, la littérature et toutes ses formes semblent bel et bien une science sur le point d’être révolue. Pourtant…

Le nouveau magazine littéraire au cœur d’une révolution

Aussi infime soit-il, existe un espoir, non pas la quête mystique de fanatiques cherchant une force supérieure dans des flaques d’eau sacrée, mais bien un vrai et bel espoir. Car si la littérature et par-delà elle tous ses médias littéraires, semble à l’arrête total, la communication elle, évolue chaque jour.

Et pour les nouveaux auteurs de fabuleux terrains de chasse encore jamais exploités s’ouvrent. Le cosmopolitisme, la mondialisation, apportent avec eux tout un lot de langues, d’argots, de vocabulaires propres. Et c’est dans cette fabuleuse boîte de Pandore que se doit (devrait ?) d’aller chercher l’écrivain. Non pas l’écrivant comme il a pu être écrit ici, mais bien le vrai, le seul écrivain. Celui qui ne souci ni des codes ni des préceptes de la langue. Mettre au cœur de la revue littéraire, au centre du magazine littéraire, l’évolution de la langue et la philologie.

Il y a dans la vie de chacun un moment où il faut choisir de fuir ou de résister.
Charles Bukowski

L’auteur doit être le garant d’une nouvelle vague, de son temps, d’un raccord sacro-saint entre l’écrit et l’oral, non pas le traditionnel faire valoir d’une langue engluée dans ses déboires. Et la revue littéraire est là pour l’aider, pour lui fournir ce, fabuleux, génial et puissant et moralisateur coup de pied en vue d’exploser tout ce qui s’offre à lui de schisme.

La nouvelle communication doit être la base, la chambre bis, d’une nouvelle façon d’écrire. Les maisons d’édition étant garantes de la bonne écriture, la belle et vieille prose passé-simple-inversé, le rôle du magazine littéraire devient essentiel. Non plus à des fins littéraires ou divertissantes, mais bien à des fins linguistiques. Pour réconcilier les populations et chasser avec lui le dogme qui prétend et veut, consolider sa langue pourtant déjà morte.

Voilà le rôle fondamental de l’édito littéraire : propulser en avant de la scène un langage qui ne pourrait apparaître dans aucun roman, dans un aucun journal ou billet. Mettre en avant les pratiques langagières de l’internet, de la rue, des banlieues, des endroits de mixité sociale. Avec la couronne littéraire, garante elle-même d’une certaine finesse dans la publication.

Choquer dans un premier temps, pour ensuite ouvrir le débat.

Fini les rédacteurs en chef vérolés par leurs schismes

Il faut d’abord riposter pour triompher. Non pas tenter de fuir et se retirer les balles du poumon ou du foie, mais bien prendre à notre tour les armes et envoyer dans les dogmatistes de la prose enragée avec de forts accents orientaux, anglicisés, ou argotiques. Voilà la première balle qu’il faut tirer dans les croyants littéraires, une belle et saine, mais pourtant destructrice balle leur montrant qu’à nouveau la revue littéraire à de beaux jours devant elle.

Qu’elle représente non pas la littérature – et c’est là l’erreur fondamentale des rédacteurs en chef –, mais la culture et le langage au sens large. Qu’elle est là non pas pour se faire vengeance et publier à nouveau du Goncourt à la noix ou du Renedeau raté et trop bien écrit pour être de la vraie et pure littéraire, mais pour stigmatiser une évolution, une puissante avancée du langage nouveau au sein de l’Académie française.

Car si l’académie fait son job, il doit en aller de même pour les rédacteurs et éditeurs indépendants. Faire que le débat du langage s’ouvre autour de l’écrit. Depuis trop de temps déjà le fond a dépassé la forme, et un roman biographique racontant les dérives de la guerre, d’un génocide, d’une mort, d’un inceste se verra d’emblée davantage considéré qu’une simple pépite ne traitant que d’une histoire loufoque dans un style qui lui, est exceptionnel.

L’écrivain n’est pas fait pour raconter bêtement une histoire ou la réalité, c’est le rôle du journaleux, du reporter pas de l’écrivain. L’auteur est là pour la recherche, pour pousser en tout point de vu le langage, jouir à 2000 % de cette langue vivante qui est la sienne. La pure retranscription des événements dans une écriture goncourdisée ou nobélisée se trouve être la pire représentation de la littérature qu’un écrivain peut faire.

Et si l’éditeur classique accepte cela, il est de notre devoir en tant que magazine ou revue littéraire de lutter contre ce fléau, cette écriture malsaine qui ne vise qu’à distraire et raconter.

III

Vers Une Nouvelle Littérature

Littérature revue magazine littéraire
Il faut donc mettre les mains dans le cambouis et affirmer notre nouvelle volonté de rénover la littérature. Et dans des formes nouvelles comme celle que propose JYKUUU et dans des formats nouveaux. À l’aide bien sûr de nouveaux auteurs triés savamment sur le volet. Des Albert Cohen, des Bukowski, des Fitzgerald, des Louis Ferdinand Céline, des Nabokov, des Pouchkine !

Voilà ce qu’il faut, des gens qui n’ont ni peur des mots ni peur des interprétations, et ce que les maisons d’édition ne peuvent leur offrir, la revue littéraire quant à elle le peut. Dans un paradigme de liberté totale où le lecteur doit non pas être conforté, mais ballotté, remué de tout son être, souvent choqué et dégouté. Et à cet instant s’offrira à nous le renouveau tant espéré de la revue littéraire.

ὁ πλάσας ἠφάνισεν
Στράϐων

Voilà le fondement même de la littérature, la vraie : une liberté à toute épreuve. Et dans cette période où ni les maisons d’édition ni la majorité des éditeurs indépendants ne défendent les valeurs de la littérature, c’est à nous magazine littéraire et revue littéraire de défendre ces valeurs. Cette liberté absolue qu’offre, ou peut offrir la littérature. Les mots, l’écriture, et cet art cosmique qu’est la déformation de la langue, l’argot.

Mais alors dans un tel marasme comment créer cette nouvelle littérature ? Pas en termes de Forme non, ni de fond, mais en termes de reconnaissance ? Car pour créer un courant, une tendance, il faut un minimum, a minima, un semblant d’impulsion, de propulsion, ou bien de la part des lecteurs ou bien du paradigme littéraire lui-même.

Et si le second est à oublier totalement, car il ne jette son dévolu que sur des noms ronflants de la prose alors il faut se demander comment atteindre le lecteur, faire de lui un fervent militant pour notre cause, non pas de la littérature non, mais bien de la revue au sens égocentrique du terme. Car une revue ne peut d’abord exister qu’à travers son propre ego. Alors quid du lecteur ?

Faire du lecteur un ardent défenseur de la nouvelle prose

Ce serait bien sûr se tromper que de placer le lecteur dans ce fabuleux embarras, d’une part il n’est pas fait pour ça. Autant le laisser tranquille. De l’autre ce serait tomber dans la tentation que d’écrire pour lui, pour ses jolis petits yeux et réussir non pas par ses propres moyens ou mots, mais bien à travers sa bonne volonté. Un cercle sans fin qui nous fait sans cesse retomber dans le mythe littéraire : écrire pour le lecteur pour devenir quelqu’un.

Il faut donc tirer une deuxième balle, non pas dans le cœur ou la tête, mais plus précisément dans un endroit flasque et mou irrigué par nombre de nerfs. Pas pour blesser, mais pour faire souffrir. Il va de soi que la revue littéraire doit écrire pour martyriser son lecteur, le sortir de sa zone C de confort. Lui démontrer à quel point il est passé – des années durant – à côté de quelque chose de puissamment littéraire. Un ovni, tout droit sorti des fonds nébuleux de la littérature.

Arracher le lecteur à ses pages de roman de gare, le tirer pour toujours de ce pseudo-cosme blindé de fausse littérature. Et c’est la condition sine qua non pour faire du lecteur un chevalier de la revue littéraire. Qu’il soit au centre du combat, de la polémique, c’est de ça qu’il est question. Pas la peine d’embarquer le lecteur dans une histoire déjà écrite ou faite et en faire un combattant de papier avec des armes telles que l’amour des belles lettres, l’amour des belles phrases, de la belle littérature, non.

Le transformer, l’irriguer de tous ces mondes qu’il n’a pas encore connus, de toute cette prose qu’il n’a pas encore côtoyée. Qu’il se rende compte que depuis des mois, des jours, depuis sa naissance même, il est trompé sur le mythe et le fondement littéraire. Que ce qu’il a appris sur les bancs de l’école petit repose sur une acceptation globale de ce qu’aurait pu être la littérature — mais ne l’est pas.

Engager la bataille littéraire

Il faut donc engager avec lui une bataille littéraire. Lui sauter au cou dès les premiers mots, lui arracher les yeux, et lui grignoter dès la première seconde, la première phrase, la première faute, le cerveau. Implanter en lui un nouveau software capable sous quelques jours, peut-être, sous quelques mois, de le transformer en un mutant, ayant la divine possibilité de différencier littérature de Littérature.

Et c’est tout là l’enjeu d’un tel combat, le pousser à la réflexion, lui amener des preuves d’une sub-littérature existant hors des sentiers préconisés pour le lecteur classique. Non pas faire de lui un junkie de la néoprose, mais le prendre par surprise et l’amener dans un lot de questionnements sur ce qu’est la littérature, ce qu’est l’écriture, ce qu’est un bon auteur, et par définition, ce qu’est ou pourrait être, le nouveau magazine littéraire. La nouvelle revue littéraire.

Et si ce but est atteint, alors il ne fait aucun doute que des nouveaux courants comme ceux que propulse JYKUUU verront le jour à travers des éditos, des billets, des articles, des journaux, des piges, des romans, des nouvelles, et à cet instant une première bataille sera gagnée. Pas celle de la nouvelle revue littéraire non, mais celle de la nouvelle littérature et derrière la nouvelle langue. Le nouveau français. Le néo-français. La langue immigrante, l’argot, le banlieusard, le bobo. Toute la définition de la société à travers une langue unifiée et oralisée. Voilà la première bataille ou joute poétique qu’il faut mener, celui d’une réforme de la langue.

Pour qu’enfin le magazine littéraire règne

Car ce n’est pas sans idée fixe que JYKUUU a vu le jour, il est la volonté ultime d’une poignée d’auteurs pas comme les autres d’unifier oral et écrit, de ramener les jeunes générations à la littérature, voire même d’amener la littérature dans un espace seulement réservé à d’autres passes temps : des jeux vidéos à la réalité augmentée, JYKUUU se veut le concurrent de tout ce cosme. Et pour y parvenir il faudra lutter à tous les plans. Car s’il est une chose de sûre c’est que nous sommes seuls.

En ce jour où la revue et le magazine littéraire sont seulement aux mains de personnes littéraires pompeuses, se positionnant en un quasi-monopole, la bataille s’annonce longue, mais au prix de quoi, une belle opportunité pour la littérature de renaître de ses cendres, et d’emmener avec elle la revue littéraire.

Il faut faire passer le langage écrit à travers le langage parlé et ça, c’est très dur et personne ne veut le faire.
Louis-Ferdinand Destouches

Le lecteur de ses lignes tient donc une place centrale dans ce combat, s’il croit qu’il faut inculquer un vent de fraîcheur à cette triste prose, alors il doit manifester tout son soutien à des œuvres comme la nôtre et JYKUUU par la même occasion. Car si nous sommes une revue gratuite – et nous le serons toujours – un besoin conséquent se fait sentir tant en termes de traduction que de mise en page, et c’est la raison qui pousse la majorité des revues comme la nôtre à stopper au bout de 2, peut-être quoi ? 4 numéros ? Moins ? Quoi qu’il en soit nous avons décidé de mener ce combat littéraire, non pas pour le lecteur ou pas la littérature elle-même au fond, mais car cette prose, toute cette prose est la lubie des rêveurs, des fossoyeurs de pensées et de faiseurs de monde, que si nous ne le faisons pas alors personne ne le fera. Personne ne viendra nous sauver de cette bienséance qui sévit dans le paradigme littéraire moderne.

Combattre pour ne pas s’éteindre, proposer encore et encore, et encore, de la nouveauté, du frais, une littérature résolument contemporaine, des mots et des phrases écris non pas à la machine sur Word, mais avec la plume folle, le panache de doigts tâtant les brins d’inconnus et encore non accessible de langue française.

Il est là le vrai combat, donner du rêve aux gens, créer des espaces et des galaxies, faire exploser des étoiles, bref ranimer cette vieille et palote revue littéraire, la faire à nouveau briller au sein de la littérature contemporaine, lui trouver une place et peut-être… peut-être… voir sa profusion de notre vivant.

En dessous et en guise premier post dans l’aventure cosmique de JYKUUU, un open space de commentaires dédiés à ses supporteurs, fans, détracteurs, amis ou ennemis…

7 comments
    • Avatar Roger
    • Molière n’a qu’a bien se tenir. On sent que Hunter S. Thompson a marqué les rédacteurs de cette revue. Comme Queneau et l’Oulipo sans doute. Nombreuses pastiches et références. Néanmoins un gros coup de cœur pour certains textes qui selon moi sont digne de concours littéraires, et prix littéraires. Rien que le Amanda en une, en dit long sur le talent des auteurs, et leurs références. Nobokov, évidemment.

    • Avatar Loïc
    • J’ai eu l’occasion de faire partie des quelques amoureux de la littérature qui ont testé ce magazine. Pas déçu. Quand bien même il ne fera jamais l’unanimité c’est un fait. Les typographies, les auteurs, les fautes, les mots oubliés, et tous cela fait sciemment… Ouille, certains vont avoir “la frissure” blanche ! Chaque numéro est une pépite.

      • Avatar Anaïs Martin
      • À n’en pas douter. Magazine littéraire oui, mais très critique sur la littérature. Beaucoup de fois le Néo-Français a échoué, ici on nous livre une version adolescente, surréaliste de la revue littéraire. Très très moderne par son propos et sa Forme. De formation lettres modernes, je ne me suis pas sentie dépaysée. Au contraire, beaucoup de style bien reconnaissable : Céline, Bukowski, Queneau, Camus, quelques belles pastiches d’ailleurs. En tout bon littéraire on ne peut qu’être ravi de voir une telle revue sortir. Concernant les fautes, je crois que Zuste Une Question De Lov répond est à elle seule une réponse métaphorique à la question. Groupie certifiée !

    • Avatar Jean
    • Je fais beaucoup de critiques de livres. De romans. De littérature et nouvelles de tout genre littéraire que ce soit. La nouvelle revue française “jykuuu”, renvoie les bons vieux journaux littéraires, au rang de web magazine pour bobo. Paradoxalement je déteste le style contemporain, les fautes, ainsi que la version numérique de la littérature. Mais ici, dans ce format, avec ce reader, ces couleurs, et comme dit plus haut, cette pléthore d’auteurs, je suis en train de tomber amoureux de ce mélange mi-Freud mi-Musset. Curieux de voir ce que cela va donner dans le temps…

      • John John
      • Vous proposer un lecteur PDF classique n’avait pour nous aucun sens. C’est pour cela que dans votre soucis, pour exploiter au mieux votre nouveau magazine littéraire, nous vous offrons un lecteur 3D sur-mesure développé et testé, exprès — pour vous. Nous croyons vous devoir une qualité irréprochable dans votre lecture de votre journal en ligne. Ce lecteur, nous le croyons sincèrement, vous offre la possibilité de vivre ensemble, cette aventure unique au cœur du cosmos littéraire.

    • Avatar L’invitée Mystère
    • Habituellement beaucoup critique de la presse numérique, des magazines jeunesses en langage Twitter, sans parler du fantasy, j’ai pris une grosse bouffée d’oxygène en lisant cette “revue littéraire”. Deux textes ont à eux seuls, suffit à me convaincre, voyage au bout de la blonderie ou la narratrice, complètement déjantée, nous transporte dans son monde herméneutique. Et la chronique intérieure, testament d’un grand reporter, qui vaut son pesant de cacahuètes. Je lirai à nouveau dès la sortie officielle, à n’en pas douter. Si j’ai la chance de tester en avant première les prochains numéros, alors ce sera un grand plaisir. Évidemment je ne peux que recommander ce JYKUUU. Un délice : magazine féminin et grand reporter !

    • Avatar Mitchell Toews
    • I did not invent the axe and don’t know shit about those who did but I still need to chop wood.

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